Reins et voies urinaires
Polykystose rénale du chat : symptômes, dépistage et traitement
La polykystose rénale (PKD) est une maladie héréditaire : des poches de liquide, les kystes, se forment dans les reins dès la naissance, grossissent avec l'âge et détruisent peu à peu le tissu rénal. Elle mène souvent à une insuffisance rénale vers 7 ans. Selon International Cat Care, jusqu'à la moitié des Persans ont été atteints ; un test ADN simple a permis de la faire fortement reculer.
- Non contagieuse
- Non transmissible à l'humain
- Héréditaire
Quels sont les symptômes de la polykystose rénale chez le chat ?
La polykystose rénale reste longtemps sans aucun signe, parce que les kystes grossissent lentement et que les reins ont une grande réserve. Selon le Cornell Feline Health Center, les signes apparaissent le plus souvent vers 7 ans, parfois plus tôt ou plus tard. Ce sont ceux de l’insuffisance rénale :
- le chat boit beaucoup et urine davantage ;
- il mange moins et maigrit ;
- il a des nausées et des vomissements ;
- il est fatigué, dort plus, son pelage devient terne.
À un stade avancé, les reins peuvent devenir si gros que le vétérinaire les sent en palpant le ventre. Certains chats ont aussi des kystes dans le foie, le plus souvent sans conséquence.
D'où vient la polykystose rénale ?
La polykystose rénale est due à une mutation du gène PKD1, décrite en 2004. Elle se transmet sur un mode dominant : selon la base OMIA de l’université de Sydney, un seul parent porteur suffit pour transmettre la maladie, en moyenne à la moitié de ses chatons. Les chats qui portent deux copies de la mutation ne semblent pas viables.
Les kystes sont présents dès la naissance, minuscules. Leur nombre, leur taille et leur vitesse de croissance varient beaucoup d’un chat à l’autre : Cornell décrit des reins avec un seul gros kyste ou plus de 30 petits. En grossissant, ils écrasent le tissu rénal sain, et les reins perdent peu à peu leur capacité à filtrer le sang.
La maladie a été très répandue chez le Persan : selon International Cat Care, 50 % ou plus des Persans ont pu être atteints. OMIA estime la fréquence à environ 6 % des chats dans le monde, toutes races confondues. Elle n’est pas contagieuse.
Quand consulter le vétérinaire ?
Prenez rendez-vous dans la semaine si votre chat boit ou urine plus qu’avant, mange moins, maigrit ou vomit régulièrement. Ces signes ne sont pas propres à la polykystose, mais ils imposent un bilan des reins.
Consultez en urgence s’il ne mange plus du tout depuis 24 heures, s’il ne boit plus, vomit plusieurs fois par jour ou est très abattu : une insuffisance rénale peut se décompenser brutalement.
Pour un chat d’une race concernée dont les parents n’ont pas été testés, parlez au vétérinaire d’un test ADN ou d’une échographie, même sans signe.
Comment le vétérinaire pose-t-il le diagnostic ?
L’échographie des reins est l’examen clé. Elle montre les kystes, les compte et mesure leur taille. Selon Cornell, elle peut les détecter dès l’âge de 6 mois ; les kystes ne sont pas visibles sur une radiographie.
Le test ADN, sur une prise de sang ou un frottis de joue, dit si le chat porte la mutation. Il ne dit pas à quel point les reins sont atteints : Cornell rappelle que seule l’échographie l’évalue. Un test négatif n’exclut pas tout à fait la maladie, car quelques chats ont des reins polykystiques sans porter la mutation connue.
Des analyses de sang et d’urine mesurent ensuite le fonctionnement des reins, pour situer le stade de l’insuffisance rénale.
Quel est le traitement de la polykystose rénale ?
Il n’existe pas de traitement qui fasse disparaître les kystes. Les vider à l’aiguille sous échographie est possible en théorie, mais, selon Cornell, ils sont trop nombreux et se remplissent à nouveau.
La prise en charge est celle de l’insuffisance rénale chronique : un aliment rénal, une bonne hydratation, parfois des perfusions sous la peau, et des médicaments selon les analyses (contre la tension, les nausées ou l’excès de phosphore). Le but, résume Cornell, est de préserver les reins le plus longtemps possible. Des contrôles réguliers permettent d’adapter le traitement.
Quelle est l'espérance de vie d'un chat atteint ?
Le pronostic dépend du nombre et de la vitesse de croissance des kystes. Certains chats ne présentent jamais de signes, d’autres développent une insuffisance rénale grave dès quelques années. Un diagnostic précoce et un suivi rénal régulier permettent de gagner en confort et souvent en durée de vie.
Comment prévenir la polykystose rénale ?
Seule la sélection des reproducteurs évite la polykystose rénale. Comme la transmission est dominante, un chat testé négatif ne peut pas transmettre la mutation connue. International Cat Care rappelle que le test ADN a permis de réduire fortement la maladie dans de nombreux pays, et recommande qu’un vétérinaire fasse le prélèvement, relié au numéro de puce du chat.
Avant d’adopter un chaton d’une race concernée, demandez à l’éleveur les résultats du test PKD des deux parents : deux parents négatifs donnent des chatons indemnes de cette mutation. Pour votre chat, un bilan sanguin et urinaire annuel à partir de 7 ans permet de repérer tôt une atteinte des reins.
Races prédisposées
Le Persan est la race la plus touchée, avec les races qui en sont issues ou qui ont été croisées avec lui : l’Exotic Shorthair, l’Himalayen, le British Shorthair, le Scottish Fold, le Selkirk Rex ou le Burmilla. Cornell la décrit aussi occasionnellement chez d’autres races. Un chat de gouttière peut également en être atteint.
Questions fréquentes
Un chat atteint de polykystose peut-il vivre longtemps ?
Oui, parfois. L'évolution varie beaucoup : certains chats vivent normalement avec quelques kystes, d'autres ont une insuffisance rénale dès l'âge adulte. Un suivi rénal régulier aide à garder le chat en forme le plus longtemps possible.
Le test ADN suffit-il avant d'acheter un Persan ?
Il est indispensable, mais il ne dit pas tout : demandez le résultat PKD des deux parents, et, pour votre chaton, une échographie peut compléter le bilan après 6 mois si un doute persiste.
La polykystose rénale est-elle contagieuse ?
Non. C'est une maladie génétique, transmise uniquement des parents aux chatons.
Peut-on opérer les kystes des reins ?
En pratique, non. Les kystes sont trop nombreux et se remplissent à nouveau après avoir été vidés. Le traitement vise à soutenir les reins.
Sources
- Cornell Feline Health Center, Polycystic Kidney Disease
- International Cat Care, Inherited disorders in cats
- OMIA (Online Mendelian Inheritance in Animals, université de Sydney), Polycystic kidney disease in domestic cat
- Merck Veterinary Manual, Congenital and Inherited Disorders of the Urinary System of Cats (Cat Owners)
Par La rédaction Le Bon Chat · mis à jour le 30 septembre 2026 · Notre méthode · ces informations ne remplacent pas l'avis d'un vétérinaire.
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